Se connaître soi-même : au-delà des tests de personnalité

Se connaître soi-même : au-delà des tests de personnalité — Matthieu Le Tousse, Semeur d'Eveil

Les tests de personnalité ne suffisent pas. Découvrez comment vraiment vous connaître en explorant votre inconscient et vos origines profondes.

Par Matthieu Le Tousse

Vous venez de terminer un test en ligne. Vous êtes INFJ, ou type 4 ailé 5, ou un mélange improbable des deux. Vous refermez votre ordinateur. Pendant trois minutes, vous vous sentez vu. Compris. Catalogué. Puis le doute revient. La même question qu'avant le test. Mais qui suis-je vraiment ?

Le MBTI, l'Ennéagramme, les quiz Instagram, les Big Five. Ces outils grattent la surface. Ils dessinent un portrait robot à partir de ce que vous croyez savoir de vous. Or, la part de vous qui répond au questionnaire est précisément celle que vous connaissez déjà. La vraie connaissance de soi descend ailleurs. Plus bas. Là où la lumière des questionnaires ne pénètre pas : dans l'inconscient, dans l'ombre, dans les rêves. C'est de ce voyage-là dont je veux vous parler. Un voyage que j'ai entamé il y a vingt ans, et que je continue chaque matin avec un carnet et une tasse de thé.

Test de personnalité ou thérapie : par où commencer pour se connaître soi-même ?

Une cliente me dit l'autre jour : « J'ai fait six tests cette année. Je me reconnais dans tous. Et dans aucun. » Elle rit, puis son regard tombe. Elle attend une réponse.

Les tests de personnalité ont un mérite. Ils ouvrent une porte. Ils donnent un vocabulaire. Ils permettent de dire « je suis plutôt introverti » sans culpabilité. Pour beaucoup, c'est un premier pas vers la connaissance de soi. Un premier pas utile.

Mais ce sont des photographies. Pas des films. Le MBTI vous photographie un mardi à 14h, quand vous êtes calme, lucide, dans un état stable. Il ne capture pas la personne que vous devenez à 22h après une dispute. Ni l'enfant que vous avez été. Ni les forces qui agissent en vous sans votre consentement.

Ce que les tests ne disent pas

Un test vous dit quoi. Pas pourquoi. Il vous dit que vous évitez le conflit. Il ne vous dit pas que c'est parce qu'à six ans, vous avez vu votre père claquer la porte. Il vous dit que vous êtes empathique. Il ne vous dit pas que cette empathie est parfois une stratégie de survie apprise très tôt.

La thérapie — et plus largement le travail intérieur accompagné — fait le chemin inverse. Elle part du symptôme et remonte à la source. Elle ne vous met pas dans une case. Elle vous aide à sortir des cases que vous avez construites vous-même.

Mon conseil ? Commencez par un test si ça vous amuse. Mais ne vous arrêtez pas là. Considérez-le comme la couverture du livre. Pas le livre.

La connaissance de soi est-elle vraiment possible ?

Question honnête. Question vertigineuse.

Socrate disait connais-toi toi-même. Il disait aussi je sais que je ne sais rien. Les deux phrases viennent du même homme. Ce n'est pas un hasard.

La connaissance complète de soi est une illusion. Jung l'a écrit clairement : l'inconscient est, par définition, ce qui échappe à la conscience. Vous ne pourrez jamais éclairer toute votre maison intérieure. Il y aura toujours des pièces fermées, des couloirs oubliés, des caves où la lumière clignote.

« Tant que vous ne rendez pas l'inconscient conscient, il dirigera votre vie et vous l'appellerez destin. » — Carl Gustav Jung

Cette phrase est dure. Elle est aussi une invitation. Vous ne connaîtrez jamais tout de vous. Mais vous pouvez connaître beaucoup plus que ce que vous croyez possible aujourd'hui. La connaissance de soi n'est pas une destination. C'est une marche. Et chaque pas compte.

Trois niveaux pour savoir comment se connaître soi-même

Quand j'accompagne quelqu'un, je distingue trois étages dans la maison intérieure.

Le premier étage, c'est le comportemental. Ce que vous faites. Ce que les autres voient. Vos habitudes, vos réactions visibles, vos préférences sociales. C'est ici que les tests de personnalité opèrent. C'est ici que vous savez déjà beaucoup de choses. « Je suis matinal. » « Je déteste les open spaces. » « Je parle trop vite quand je suis nerveux. » Connaissance utile. Connaissance limitée.

Le deuxième étage, c'est l'émotionnel. Ce que vous ressentez avant même de penser. Les pincements au ventre devant certaines personnes. La joie qui monte à un endroit précis. La colère qui surgit à un mot précis. Ce niveau demande de ralentir. De prêter attention au corps. La plupart des gens passent leur vie sans le visiter sérieusement.

Le troisième étage — qui est en fait la cave — c'est l'inconscient. L'ombre, dirait Jung. Tout ce que vous avez refoulé, oublié, jugé inacceptable. Les blessures précoces. Les pulsions qui vous font peur. Les talents que vous avez enterrés pour plaire. C'est l'étage le plus difficile. C'est aussi celui qui contient le plus de trésors.

L'approche jungienne : descendre là où les tests ne vont pas

Carl Gustav Jung a passé sa vie à cartographier cette cave. Il a découvert qu'elle n'était pas vide. Qu'elle contenait des figures, des images, des récits. Il les a appelés archétypes. La Mère, le Père, l'Enfant, le Sage, l'Ombre, l'Anima, l'Animus.

Vous portez ces figures en vous. Elles parlent la nuit. Elles écrivent vos rêves. Elles dictent parfois vos choix amoureux ou vos colères incompréhensibles.

L'approche jungienne propose un dialogue avec ces figures. Pas un combat. Pas une analyse froide. Un dialogue. Vous écoutez ce que votre Ombre a à dire. Vous regardez ce que votre Enfant Intérieur réclame. Vous remarquez quelle figure prend le volant quand vous explosez ou quand vous vous figez.

Je me souviens d'un homme reçu un automne. Quarante-cinq ans, brillant, marié, deux enfants. Une vie « réussie ». Il rêvait chaque nuit d'une maison aux fenêtres murées. Pendant trois mois, nous avons travaillé ce rêve. Nous avons fini par trouver, derrière une de ces fenêtres, un petit garçon de huit ans qu'on n'avait jamais écouté. Aucun test MBTI ne l'aurait trouvé. Le rêve, lui, l'avait gardé.

Comment se connaître soi-même au quotidien : trois pratiques qui changent tout

La théorie, c'est joli. Sans pratique, ça reste un poster sur le mur. Voici trois exercices que je donne à pratiquement tous mes clients. Ils sont simples. Ils ne coûtent rien. Ils demandent de la régularité.

Une règle pour ces trois pratiques : ne cherchez pas le résultat. Cherchez le geste. Vous écrivez. Vous notez. Vous scannez. Le sens vient après. Toujours après.

Les pièges du chemin vers la connaissance de soi

Je dois vous prévenir. Ce chemin a ses ronces.

Premier piège : l'identification à une étiquette. Vous découvrez que vous êtes « hypersensible », ou « TDAH », ou « INFP ». Soulagement. Puis, lentement, l'étiquette devient une prison. Vous expliquez tout par elle. Vous arrêtez de chercher. L'étiquette devait être une fenêtre. Elle devient un mur.

Deuxième piège : l'introspection sans fin. À force de se regarder le nombril, on attrape le tournis. La connaissance de soi n'a de valeur que si elle change votre rapport au monde. Si elle vous fait aimer mieux, agir plus juste, respirer plus large. Sinon, c'est du narcissisme déguisé en spiritualité.

Troisième piège : le travail solitaire intégral. Certaines pièces de votre maison ne s'ouvrent qu'à deux. Il y a des nœuds que vous ne défaites pas seul. Pas par faiblesse. Par construction. Votre angle mort est, par définition, ce que vous ne voyez pas. Quelqu'un d'extérieur — thérapeute, accompagnant, ami profond — voit ce que vous ne voyez pas.

Se connaître soi-même change-t-il vraiment la vie ?

Oui. Mais pas comme on l'imagine.

Vous n'allez pas devenir une autre personne. Vous n'allez pas vous débarrasser de vos défauts. Vous n'allez pas atteindre une paix permanente. Désolé pour la brochure du développement personnel.

Ce qui change, c'est plus subtil. Vous reconnaissez les vagues avant qu'elles ne vous engloutissent. Vous sentez la colère monter, et vous avez trois secondes — juste trois — pour choisir comment elle sort. Vous voyez le schéma de votre relation amoureuse se répéter pour la cinquième fois, et cette fois vous le nommez. Vous arrêtez de blâmer votre patron, votre mère, votre époque. Vous prenez votre part. Pas toute la part. Votre part.

C'est une liberté discrète. Elle ne fait pas la une. Elle change tout.

Pour aller plus loin

Se connaître soi-même n'est pas remplir un questionnaire. C'est apprendre à habiter sa propre maison, étage par étage, y compris la cave où la lumière clignote. Les tests sont des portes d'entrée. Le journal, les rêves, l'écoute du corps sont les couloirs. Et parfois, il faut quelqu'un qui tient la lampe pendant que vous descendez. Vingt ans que je marche sur ce sentier. Vingt ans que je découvre des pièces dans ma propre maison. Le voyage ne finit pas. Heureusement. Une dernière chose : commencez petit. Trois lignes ce soir. Un rêve demain matin. Et puis on verra.

La connaissance de soi est un voyage. Je suis votre guide pour les parties les plus difficiles à explorer seul.

Si ce texte résonne en toi, peut-être est-il temps d'explorer un accompagnement individuel ou de découvrir ma démarche.